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Quel rôle pour une écriture inclusive ? 

Eciture inclusive Femmes Hommes

Parler d’écriture inclusive à notre époque, c’est tout un débat, ne serait-ce qu’en prononçant son nom. Pendant très longtemps, je n’ai pas été sensible à ce sujet et j’ai ignoré que notre langue qui exclut de fait 51% de la population, pouvait constituer un problème tangible. Pourtant c’en est un et la forme d’écriture inclusive la plus médiatique (celle avec les points médians) ne constitue pas pour autant une solution viable. Dès lors quelles véritables pistes de solution pour des formes d’écritures inclusives permettant à chacune et à chacun de se sentir pris en compte par notre belle langue française ?

Notre société est toujours très largement dominée par les hommes mais encore trop peu d’hommes se sentent réellement concernés par le sujet. Les phrases fusent : “nous n’avons rien contre les femmes”, “nous sommes ouverts à ce qu’il y ait plus de femmes”, “tous les hommes ne sont pas comme ça”, “nous sommes pour l’égalité hommes/femmes”, “nous voulons bien accueillir des femmes mais c’est le vivier”. Ah… le vivier, toujours la même excuse prétexte à reporter le problème sur l’autre : l’école, les parents, la société.

Alors quid des différents articles, podcasts, reportages qui fleurissent sur le fait que la considération des femmes a encore beaucoup de chemin à faire autant en société qu’en entreprise ? Quid des assistants vocaux dont la voix proposée par défaut est celle d’une femme ? Quid des Conseils d’Administration d’entreprise composés quasiment que d’hommes qui ne s’en offusquent même pas (ni même parfois les quelques rares femmes qui les entourent) ? Quid de toutes ces tables rondes, où quatre/cinq hommes tentent de refaire le monde sans même imaginer qu’ils y gagneraient à ne pas rester qu’entre eux ? Quid de ces écoles de développement web qui prennent Pikachu, Super Mario ou encore Star Wars comme éléments centraux de leur “coolitude” et s’étonnent que les femmes représentent à peine 10% de leurs effectifs ? Quid de ces entreprises du numérique où les compétences des développeuses sont remises en cause parce que ce sont des femmes ? C’est nier que nous avons toutes et tous notre part de responsabilité et que nous pouvons à notre échelle agir. Les enjeux sont partout, à toutes les échelles, il y a d’innombrables combats à mener pour créer les conditions d’une véritable égalité entre les femmes et les hommes. Choisir un vocabulaire inclusif en fait partie.

Christine Lagarde

Le problème

Notre langue, notre vocabulaire : détail ou sujet de fond ?

Notre vocabulaire dit beaucoup de nous. J’entends souvent dire que s’attacher au vocabulaire est un détail du problème. Qu’il faut s’attaquer au fond plutôt qu’à la forme. Oui mais… il convient sans doute de définir ce qu’est la forme et ce qu’est le fond. Pour expliquer comment agir, nous pouvons nous référer à la maxime : Think global, Act local.

Think global c’est, ce que certaines et certains sont tentés d’appeler le fond : vouloir l’égalité entre les femmes et les hommes à tous les niveaux, vouloir l’égalité salariale, vouloir qu’il y ait autant de femmes que d’hommes dans les métiers du numérique, dans les postes à responsabilité, dans les prises de parole publiques, pour ne citer que quelques exemples. Pour ce faire, il faut changer en profondeur les stéréotypes ancrés en nous. Ces changements ne se font pas seulement en clamant haut et fort vouloir s’y attaquer. Il faut donc des solutions concrètes… agir localement.

Act local, serait donc plutôt “la forme” : apporter des moyens d’agir, des solutions concrètes de changer des représentations, des modèles, montrer des modèles de réussite au féminin. Et je crois en le pouvoir du vocabulaire comme une des contributions à ces changements. Et ce n’est certainement pas un détail. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes nombreux à faire de la communication, c’est pour cela que les discours politiques sont si importants, que chaque mot est choisi, que l’ordre des mots est savamment travaillé, que certaines et certains tiennent tant à être cités avant d’autres, que tant de personnes pensent les discours, les messages et que tant de personnes les écoutent, s’en revendiquent et s’en inspirent. Les mots comptent. Leur ordre également.

Les études des discours politiques permettent de montrer en quoi une personne peut être inspirante, en quoi elle peut devenir un modèle. Et ce n’est pas que le fond qui le permet. On en retiendra aussi comment le discours est énoncé. La forme c’est bien une question de fond. Et si créer des modèles est symbolique et peut être interprété comme anecdotique pour certains, on peut tout autant considérer que ce qui est symbolique est ce qu’il reste dans le temps… si ce n’était pas le cas, ne serait-il pas temps, en France, d’arrêter de s’identifier au Coq ?

Partant de ce postulat, il me semble difficile d’accepter que notre langue puisse être réduite à une utilité purement fonctionnelle. Dès lors, elle ne peut continuer d’être pensée et énoncée sans inclure de formes féminines et sans leur accorder une place juste. Par ailleurs, – nous ne le ferons pas dans cet article, il conviendrait également de s’interroger sur la place d’un réel genre neutre dans notre langue pour inclure vraiment toutes les personnes.

Quelques mots sur les penseurs de notre langue : l’Académie française. En 384 ans d’existence et 733 “sages” élus, elle n’a su intégrer que 9 femmes et la première – Marguerite Yourcenar, n’a eu le droit de siéger qu’à partir de 1980 parce qu’il fallu que quelques grands de ce monde haussent la voix, je pense notamment bien sûr à Jean D’ormesson.

Academie francaise

C’est pourquoi je pense, que si l’écriture inclusive telle qu’on la conçoit aujourd’hui (avec les points médians) n’est pas une solution – et nous allons voir pourquoi, il n’est pas non plus raisonnable de concevoir l’évolution de notre langue en se basant sur les recommandations d’une académie si peu ouvertes aux femmes et dirigée par une femme (pourtant !) si peu ouverte sur notre monde.

La problématique de l’énoncé

Quand on commence à regarder de près notre façon de parler et d’énoncer, il existe une certaine bizarrerie, un certain habitus à toujours prononcer les mots dans le même ordre.

Quelle que soit la situation, dans pratiquement tous les cas, on lira et on entendra :

  • les hommes et les femmes
  • Parrain et Marraine
  • au Masculin et au Féminin
  • Recherche Serveur H/F
  • Egalité Homme / Femme
  • Messieurs-dames

Et les arguments ne manquent pas : “c’est plus facile à dire”, “mais on pourrait tout à fait dire le contraire, ce n’est pas très grave”… Oui, mais alors pourquoi ne le fait-on quasiment jamais ? Alors que si vous observez les mots ci-dessus, l’ordre alphabétique, qui régit beaucoup de logiques d’énonciation, devrait nous emmener vers un ordre contraire des mots !

Compte Twitter Unesco FR

La forme masculine uniquement

Rappelons aussi brièvement, que bien souvent, lorsqu’on parle d’un groupe, on aura tendance à n’utiliser que la forme masculine, (ex : les collaborateurs de l’entreprise) que certains désignent comme un genre neutre dans ce cas (!).

« La » femme n’existe pas

Enfin, dernière remarque, « la » femme n’existe pas. Les femmes sont plurielles, tout comme les hommes. On ne parle jamais de tous les hommes en disant « l’homme » – et pourtant pour les femmes. On dit l’Homme, avec un grand H pour désigner toutes les femmes et tous les hommes. Et évidemment c’est une erreur des premiers penseurs de notre langue. La langue anglaise nous le rappelle d’ailleurs.

L’écriture dite inclusive

Ce qu’elle résout

L’écriture inclusive avec les points médians permet de remettre le féminin au cœur de notre langue. Elle donne une juste place aux femmes dans des groupes où elles ne sont que trop rarement évoquées par la langue. Elle a pour ambition de changer les représentations et de questionner nos habitus.

Ce qu’elle ne résout pas

Dire que l’écriture inclusive est illisible est aussi absurde que de dire qu’elle ne pose pas de problèmes de lecture. Tout dépend de quel côté on se place. J’ai longtemps été de celles et ceux qui ne voyaient pas le problème de lisibilité (car beaucoup d’entre nous peuvent s’habituer facilement à ce type de modifications de notre langue)… jusqu’à la réponse à un des tweets que je faisais pour l’INR.

Tweet Ecriture Inclusive

Dès lors, le changement de paradigme a été total. Enfin un véritable argument contre cette forme d’écriture inclusive qui allait redessiner ma façon d’entrevoir cette graphie. Très souvent, les anti-écriture inclusive évoquent tout un tas de raisons complètement ahurissantes pour justifier leur posture contre cette écriture avant d’en venir parfois au réel problème de l’écriture inclusive. Au final, en analysant le sujet plus finement, on comprend et on peut lire (ça et ) que cette écriture pose des problèmes pour les personnes malvoyantes ou non voyantes, pour les personnes atteintes de dyslexie, de dyspraxie, de dysphasie ou ayant toute autre difficulté de lecture, ou étant dans une phase d’apprentissage de la langue française. Beaucoup de monde donc.

Source : https://www.avh.asso.fr/fr/favoriser-laccessibilite/accessibilite-numerique/accessibilite-des-documents-texte#Eviter_exces

Et il suffirait à ces anti-écriture inclusive de s’en tenir là. Point. Dès lors, il n’y a plus de débat. Pour une écrite inclusive, on repassera. Il faut trouver mieux et on peut imaginer mieux.

ville-de-lyon

capture d’écran site web mairie de lyon

Pourquoi se méfier de ceux qui la critiquent

Il faut se battre pour plus d’inclusion, non pour moins d’inclusion.

Proposer une  loi qui interdirait l’écriture inclusive comme le font certaines et certains députés me rappelle étrangement celles et ceux qui se battaient il y a quelques années de cela pour, non pas obtenir des droits, mais pour ne pas en octroyer à toutes celles et ceux qui veulent se marier.

Caricature manif pour tousSource : non retrouvée (si vous la connaissez, faites-le moi savoir)

Interdire l’écriture inclusive c’est méconnaître le sujet de la masculinité de notre langue qui a été sciemment travaillée et se tromper de cible. Car le danger ne repose ni sur la potentielle disparition de notre langue ou que sais-je encore inscrit dans ce projet de loi ni sur les arguments de l’Académie française aussi abscons qu’inutiles, mais bien sur le fait qu’elle exclut une partie de la population par la difficulté qu’elle donne à être lue ou analysée par des vocodeurs (voir ci-dessus).

L’enjeu est donc plutôt de l’encadrer. Il faut accompagner le mouvement qui permettra à notre langue de changer nos représentations et chercher des solutions pour que le choix d’écriture inclusive soit profitable à toutes et tous.

Des formes d’écritures plus inclusives

Dès lors, vers quelles formes d’écritures inclusives pouvons-nous nous tourner ?

Les formes épicènes

Les formes épicènes constituent une première piste. Un mot épicène est un mot qui ne varie pas selon le genre et qui de fait, utilisé pour parler d’un groupe n’exclut personne : les élèves, les responsables, les bénévoles, les membres de l’équipe, etc. Veiller à utiliser plus les formes épicènes permet d’être plus incluant. Début de solution certes, mais pas une solution pour toutes les situations.

L’acceptation des formes féminines

Qu’elles sont difficiles à accepter ses formes ! Au premier rang de nos excuses minables, le fameux : “c’est pas très beau”… et personnellement, je me suis déjà entendu dire il y a quelques années “autrice” ce n’est pas très beau… Et pourtant même l’Académie française le suggère (sous l’impulsion d’une femme bien sûr – enfin… pas sa directrice, cf. ci-dessus). Dirigeante, Directrice, Autrice, Conductrice de travaux, Plombière, Maçonne, Cheffe, Entrepreneuse, etc. S’il nous vient par malheur en tête de penser que ce n’est pas très joli, rappelons-nous que c’est tout simplement parce que nous ne sommes pas habitués à entendre ces termes. C’est tout. Alors, à nous de ne pas les oublier, de les écrire, de les mentionner, de les clamer haut et fort, et même en premier !

L’ordre des mots

Comme exposé plus haut l’ordre des mots compte et l’ordre actuellement utilisé, dans la quasi-totalité des cas (hommes/femmes, masculin/féminin, etc.) ne repose sur aucune base logique. Ma proposition ne serait pas de dire tout le temps “femmes et hommes”, “au féminin et au masculin”, etc., mais simplement de voir si nous ne pourrions pas alterner et en nous appuyant sur des éléments logiques ? Car si vous n’êtes pas convaincu que l’ordre alphabétique devrait induire notre énonciation, nous pourrions faire aussi entrer d’autres paramètres. Par exemple, dans une logique d’énonciation liée à l’ordre des mots du sujet, on devrait dire “Jeanne et Serge sont soeur et frère” (ndlr : ce qui n’est évidemment pas vrai dans le dessin animé), Jeanne, la sœur étant citée avant, Serge le frère… mais cela n’arrive jamais, vous en conviendrez ? Faites-le test, remplacez sœur et frère par frère et sœur, vous aurez une impression d’une phrase plus « naturelle ».

L’enjeu n’est pas de remplacer une expression par l’autre et de systématiquement faire passer le féminin devant le masculin, mais de le faire potentiellement 50% du temps pour équilibrer notre discours. Force est de constater qu’on en est loin, sauf pour l’expression égalité Femmes/Hommes qui tend à ressortir dans les textes officiels. Dès lors, tant que notre énonciation collective n’évoluera pas vers un 50-50 sur l’ordre des mots, je m’évertuerai à dire “les femmes et les hommes naissent libres et égaux”, “Ta Marraine et ton Parrain sont arrivés”, “Venez participer au Colloque Entre Féminin et Masculin” (ah bah non… !), etc. et ne peux que vous encourager à en faire de même !

Colloque ENS Entre masculin et feminin

Les deux tournures

De manière plus globale, une solution serait d’énoncer dans les textes les deux formes (les collaboratrices et les collaborateurs de l’entreprise, consultante/consultant, dirigeante/dirigeant, infirmière/infirmier etc.) : la forme féminine et la forme masculine. Un journaliste m’expliquait sa règle : lorsque le groupe est dénombrable, il utilise les deux formes, lorsqu’il ne l’est pas (ex : le public), il n’utilise qu’une seule forme.

Manifestement, il n’est pas certain que cette solution soit applicable à l’échelle d’un livre entier voire même d’un article entier. C’est d’ailleurs, entre autres, pour cela que nous avons choisi de ne pas utiliser dans toutes les pages de notre livre, les deux formes. Et cela peut devenir lourd lors d’une énonciation ou quand un texte nécessite d’utiliser les deux formes plusieurs fois en seulement quelques paragraphes.

Ce n’est donc pas une solution idéale lorsqu’on désigne un groupe de personnes mais la seule (que je connaisse) aujourd’hui (avec les formes épicènes) qui permet de garantir une réelle inclusion de toutes et tous. Je pense sincèrement que, lorsqu’on juge que cela devient trop lourd pour la lectrice ou le lecteur, on peut se permettre de n’utiliser qu’une seule forme. Cette proposition n’en fait pas une règle scientifique, certes, mais au moins elle permet de rééquilibrer la balance.

Les accords de proximité et de majorité

Dernière problématique : l’accord. Là aussi, les anti-écriture inclusive vous tombent dessus. Ils assènent que le masculin serait neutre et que de fait en utilisant une écriture plus inclusive et en voulant imposer le féminin, on vient mettre en péril notre langue… alors que si ces personnes prenaient le temps de regarder dans le rétroviseur, elles retrouveraient l’accord de proximité, c’est-à-dire faire l’accord du participe passé ou de l’adjectif avec le dernier mot de l’énonciation. Et on peut même coupler cette règle avec l’accord de majorité, c’est-à-dire accorder avec le groupe qui est présent en plus grand nombre dans l’énonciation.

Une écriture inclusive, un combat pour les générations de demain

J’entends souvent des femmes dire “je ne me sens pas exclue/vexée parce que les mots sont formulés au masculin” et à chaque fois j’ai envie de dire : “Tant mieux !”. Tant mieux car l’écriture inclusive n’est pas un combat pour soi mais un combat pour les autres.

L’écriture inclusive ce n’est pas une volonté d’imposer un genre. L’écriture inclusive n’est pas un combat pour être représenté soi-même mais pour représenter toutes les femmes. Il convient de ne pas se tromper de combat. Et je crois d’ailleurs, que l’idée que les femmes qui se battent pour une écriture plus inclusive le ferait pour se sentir elle-même représentée est absurde et c’est là aussi méconnaitre les revendications féministes.

Ce n’est pas un problème d’égo, c’est un problème de représentation. Un dernier exemple, pourquoi donner un badge où il est écrit “Intervenant”, « Visiteur » ou « Participant » à une femme lorsqu’elle arrive à un événement ? Est-il si compliqué de penser les modèles de badge pour avoir aussi “Intervenante”, « Visiteuse et “Participante” ? Il nous faut adopter un langage capable de créer des représentations différentes dans nos esprits. Les féministes que nous sommes n’aspirent qu’à une chose : une représentation égale des femmes et des hommes dans notre société.

Alors quand on fait entrer le féminin dans notre langue, c’est pour créer d’autres modèles de représentation. Quand on fait entrer le féminin dans notre langue c’est pour contribuer à changer peu à peu des stéréotypes, contribuer à un mouvement de fond pour que les femmes soient reconnues à leur juste place pour devenir d’autant plus facilement Dirigeante, Directrice, Docteure, Chirurgienne, Développeuse, CTO, Ingénieure, Cheffe, Entrepreneuse, etc. Quand on fait entrer le féminin dans notre langue, c’est pour contribuer à reconnaître toutes les femmes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

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2 commentaires sur “Quel rôle pour une écriture inclusive ? ”

  • Merci Rémy pour ta prise de conscience et d’écrire sur le sujet, c’est important.

    À titre d’information, il n’y a pas eu, à ma connaissance, d’études d’impact de l’écriture inclusive pour les personnes dys. Il y a d’ailleurs un certain nombre de personnes dyslexiques qui disent ne pas avoir de problème avec ça, y compris pour les points médians. Donc, je n’aurais pas un avis aussi tranché sur ce point ?
    D’ailleurs, beaucoup de personnes anti-écriture inclusive qui ne veulent pas entendre qu’il n’y a pas que le point médian s’en servent comme excuse alors qu’elles se moquent de l’accessibilité par ailleurs. Je ne dis pas que c’est ton cas, bien sûr, mais c’est un argument à manier avec précaution.

    Concernant la lourdeur de lecture si on n’utilise pas les abréviations inclusives, je ne suis pas tellement d’accord. En effet, c’est plutôt l’acte d’écrire qui est lourd si on le manie bien : cela nous oblige à faire des acrobaties pour trouver des tournures de phrases neutres ou d’utiliser plus de formules dites « englobantes » dont je parle dans mon article. Par exemple, au lieu de dire « les développeuses et développeurs », on dit « l’équipe de développement ». C’est mieux qu’un mot epicène puisqu’on accordera toujours au féminin ensuite avec « équipe » et c’est un peu plus léger en lecture car c’est moins répétitif. Je le fais dans mes articles, je l’ai fait en conférence donc ça peut se faire dans un livre aussi ?

    Cependant, pour à la fois permettre aux personnes non binaires d’avoir leur place dans la langue, éviter de mégenrer des personnes et aussi éviter cette gymnastique des tournures de phrases (assez élitiste puisqu’il faut bien maîtriser la langue, quand même), je suis totalement persuadée que nous avons besoin d’un genre neutre. Cela solutionnerait aussi le parler inclusif puisqu’à l’oral, dans le feu d’une réunion, par exemple, c’est encore moins évident !

  • Merci Julie pour ton commentaire qui enrichit la réflexion sur ce sujet. J’ai intégré deux liens à mon article, suite à ton commentaire, qui tendent à montrer que l’écriture inclusive avec les points médians peut bien poser des problèmes de lecture à beaucoup de personnes dont celles que je cite (des enfants en phase d’apprentissage, des personnes en situation de handicap, des personnes n’ayant pas une maîtrise totale de la langue française, etc.).

    Concernant la lourdeur, je reste aussi sur ma position. Lorsque des mots reviennent souvent dans un ouvrage ou un article, cela me semble peu compatible avec la fluidité de lecture. Utilisatrice/Utilisateur, Consommatrice/Consommateur… les exemples pourraient être nombreux et je reste persuadé que cette gymnastique pour trouver des formes englobantes me semble complexe dans beaucoup de situations (même si bien sûr, je te rejoins, elle peut être une autre possibilité intéressante dans certaines situations pour aller vers plus d’inclusion).

    Quant au genre neutre, je te rejoins complètement, je l’ai brièvement indiqué dans l’article. Cela prendra beaucoup de temps, ce pourquoi je pense qu’on se doit de réfléchir à d’autres solutions avec les outils actuels de la langue, mais c’est en effet une autre voie souhaitable pour inclure réellement tout le monde.

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